UN MOT DU RÉALISATEUR D' «ALIBI INC.»
TOUT COMMERCE EST FONDÉ
SUR L'ATTENTE ET LE MENSONGE
Alibi Inc répond à une demande du marché. Et puisqu’il faut bien gagner sa vie, ça tombe bien. L’entreprise couvre tous nos petits mensonges et nous sort des rencontres ennuyantes. Efficacité et confidentialité garanties. Le système est indétectable. Invisible. Mais partout à la fois.
Dans ce marché où les ego se font la lutte, il n’existe pas de justice divine qui châtie les méchants. Clément est convaincu que tout commerce est fondé sur l’attente et le mensonge. Il n’existe pas de Providence bienveillante. Les individus sont en proie à l’ironie du sort. Et à la concurrence.
Confiné à son bureau depuis dix ans, où la lumière est faible et les fenêtres sont closes, Clément fabrique des alibis au lieu d’écrire les poèmes qu’il a en tête. Il est amer et, s’il avoue qu’il n’a plus de scrupules par rapport à son métier, il devra s’avouer également que la compagnie aura été sa plus belle excuse pour ne pas voir ailleurs s’il y est. C’est finalement le grand air qu’il retrouvera à la fin, comme Rimbaud qui va par les sentiers, laissant le vent baigner sa tête nue. Il faut imaginer Clément heureux.
Sous l’effet de grossissement du cinéma, Alibi Inc. offre une réflexion sur le rapport que nous entretenons avec le mensonge... et avec nous-même. Une version longue du film est également en développement.
Septembre 2007 |