DÉMARCHE
Mon grand intérêt pour l’écologie m’a conduit au département de biologie de l’Université Laval que j’ai fréquentée pendant 3 ans. Biologiste inachevée, mais toujours écologiste dans l’âme, je suis séduite par l’intelligence de la nature qui demeure pour moi un modèle inégalé.
Les principaux objets de ma recherche en création étaient et demeurent l’espèce ailée et l’espèce humaine. Mâle et femelle, homme et femme, ailés ou non, tout gravite autour d’une histoire de Couple ou d’un couple dans l’Histoire. La bernache me fascine, pas tant par intérêt ornithologique, mais plutôt pour le modèle quasi humain qu’elle incarne. Oiseaux fétiches devenus symbole et totem.
J’ai choisi d’utiliser l’argile comme médium de base à toutes mes créations. Je travaille les reliefs et les sculptures d’argile avec principalement deux techniques de cuisson : le Raku et la patine d’oxydes. Le Raku représente une technique de cuisson exceptionnelle pour créer mes oiseaux nordiques, comme l’oie blanche et la bernache, et non une fin pour exprimer l’art japonais. La patine d’oxydes, quant à elle, rappelle la méthode utilisée à l’époque préhistorique pour peindre sur les parois des grottes. Cette technique me permet donc de réaliser des tableaux fracturés qui prennent l’allure de vestiges tout en gardant des sujets actuels. Mes reliefs d’argile sont montés sur des panneaux de bois qui sont gravés et peints à l’acrylique. D’autres matériaux peuvent s’ajouter à la composition, comme de l’aluminium, du verre, de l’étain, et forment ainsi une œuvre de médium mixte. La murale de grand format retient mon attention depuis plus de cinq ans. Cela me permet de développer mes sujets à la manière d’un récit, faisant régulièrement référence à l’histoire de l’art.
La recherche de repères à travers le passé, l’histoire, les sociétés lointaines, les ruines m’importe beaucoup et me presse, à mon tour, à laisser des traces; traces de plus en plus fragiles. L’ajout récent du papier dans mes œuvres témoigne de cette grande fragilité.
Dans les actes qu’il pose, l’être humain, à la manière de la bernache, devrait toujours être animé par un désir inné de survie. L’évolution de l’homo sapiens m’inspire. L’évolution de la race humaine sur cette planète m’inquiète. Ce qui me fascine, c’est l’humanité de la bernache et l’inhumanité de l’être humain. L’être humain intelligent, inventif, qui pille, qui détruit, qui se croit éternel, qui domine son environnement provoquera-t-il son propre déclin ?
Témoin et mémoire à la fois, ma démarche se veut sensibilisation et action. |